Par Moussounda Thembani


Malgré un nez qui dégouline de mucus et une toux grasse qui assombrit la tessiture de sa voix, Marie-Chantal de Lafiste a la mine des beaux jours.

Dans ses yeux pétillant de morve, l’on devine une esquisse de sourire se dessiner sous son FFP2 qui lui bouffe la moitié du visage. « J’avais tellement peur d’être asymptomatique » nous confie celle qui depuis 3 ans suit une formation à l’école supérieure des parfums de Grasse pour devenir nez. Comprenez compositrice-créatrice de parfum. Nul n’a été besoin de faire un test. Marie-Chantal a perdu l’odorat (anosmie) depuis 2 jours. Un symptôme caractéristique de la souche historique du SARS-Covid-2.

[La perte d’odorat] a démultiplié [nos] débouchés professionnels

Marie-Chantal, nez sous PCR

Mais comment une personne dont l’avenir professionnel dépend de l’odorat peut à ce point se réjouir de le perdre ? « Contre toute attente, l’anosmie a démultiplié les débouchés pour les personnes qui vivent de leur odorat », nous explique-t-elle.

La Chine montre l’exemple

L’idée nous vient tout droit de Chine, du côté du Xinjiang, où les autorités locales cherchaient à renflouer les rangs de son administration chargée des charniers ouïghours – dans lesquels on entasse par milliers les dépouilles de ces traitres à la patrie condamnés à mort pour avoir osé parler en Turc ou regardé dans les yeux la cousine du secrétaire général local du PCC (Parti communiste chinois) en train d’acheter sa nouvelle Maserati.

« Ces charniers puent tellement la mort que les candidats ne se bousculaient pas au portillon » nous explique Jean-Eudes de Guise, président d’honneur LR du groupe d’amitié parlementaire France-République populaire de Chine au Sénat .

« Face à la pénurie de main-d’œuvre, les autorités chinoises ont profité de l’arrivée du Covid et de ses symptômes d’anosmie pour inoculer de force le virus à des traitres tibétains et ouïghours afin qu’ils puissent s’occuper des charniers sans être pris de violents haut-le-cœur et ainsi maximiser leur productivité » nous précise le président de groupe.

L’absence d’odorat, essentiel pour lécher le cul du PCC

L’idée fait tout de suite son chemin chez celui qui dit admirer la capacité de la Chine à toujours enclencher la marche avant. « Dans notre groupe d’amitié, nous recrutons les sénateurs sur base d’anosmie et d’agnosie (perte du goût). Des qualités essentielles pour lécher le cul du PCC » poursuit le parlementaire.

Si la perte d’odorat n’avait jamais été perçue comme une limitation par les sénatrices et sénateurs de ce prestigieux groupe, ils étaient, de l’aveu même de leur président, passés à côté de son potentiel de redynamisation du marché de l’emploi. « Encore une fois, le phare chinois nous a éclairés » lance-t-il.

En quelques jours, sont contactées les écoles d’œnologie, de sommellerie, de parfumerie, et tout ce que le pays compte comme professionnels de l’odorat.

Et le scepticisme du début de vite laisser la place à l’euphorie chez ces derniers. « Nous nous devions de montrer à tous ces professionnels que la Covid devait être accueillie comme un catalyseur des possibles et pas comme une fatalité. Casser cette dynamique négative si franco-française en somme» ajoute M. de Guise.

Marie-Chantal de Lafiste allant à l’abattoire

Marie-Chantal, l’élève de l’école supérieure de parfumerie, en est à sa deuxième infection volontaire. « J’ai dû attendre quelques mois entre les deux infections, évidemment, le temps que mon immunité face au virus baisse » avoue-t-elle.

Après avoir été embauchée par le CROUS de Lille pour s’occuper de nettoyer les chambres empestant des cadavres non réclamés d’étudiants morts de faim ou suicidés, elle est sur le point de débuter dans quelques minutes sa deuxième mission à l’abattoir de Pontault-Combault.

“Malgré la baisse de consommation d’animaux morts (…) le secteur de l’abatage recrute”

Marie-Chantal flairant tous les bons coups

« Malgré la baisse de la consommation d’animaux morts en France, le secteur de l’abatage recrute à prix d’or », avance Mlle de Lafiste qui précise qu’elle gagnera en 15 jours, ce qu’elle engrange normalement en 6 mois dans le secteur de la parfumerie.

Préserver la souche historique face aux nouveaux variants

Les docteurs Plick et Plock de l’Institut Pasteur chargés de préserver la souche historique de la Covid-19

La montée en puissance des nouveaux variants inquiète néanmoins les professionnels du secteur. « La perte d’odorat y étant moins observée » explique le Professeur Jean-Mathieu de Lapest, infectiologue au CHU d’Aurillac et chroniqueur Sciences pour la chaîne info LCI.

Pour les personnes vivant de la perte de l’odorat, il s’agira désormais de garantir la pérennité de la souche historique du Covid, en passe de disparaître face au nouveau variant.

« L’Institut Pasteur a mis une équipe pluridisciplinaire de 2 chercheurs sur le dossier. Nous avons bon espoir que d’ici 2034, l’institut sera en mesure de cultiver ses souches en complète autonomie » complète le Pr Lapest.

Face à ce risque, les écoles de sommellerie de Beaumes-de-Venise et Dunkerque viennent de créer des ateliers éternuements pour s’assurer que les élèves positifs à la Covid continuent d’infecter des étudiants volontaires. Mais il y a urgence, la transmission de ce savoir-faire à la Française étant aujourd’hui plus que jamais menacée.

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